À l’occasion de la conférence sur le calendrier 2008 de la protection sociale, Nicolas Sarkozy entretient le flou dans la perspective des échéances électorales avant de prendre des mesures douloureuses contre le pouvoir d’achat des Français.

- L’annonce d’une prime de 200 euros en faveur des bénéficiaires du minimum vieillesse est très en dessous des engagements de revalorisation de 5% par an et de 25 % sur 5 ans. Cette prime « à valoir » sur des engagements à confirmer n’est pas à la hauteur des besoins des 640 000 bénéficiaires d’autant que la question des autres petites retraites n’est pas abordée par le Président ; elles représentent des millions de personnes.

De plus, cette mesure surviendra au début du 2ième trimestre 2008, soit près d’un an après son élection et son financement reste hypothétique.

- L’ambition de mettre en place le 5ième risque de protection sociale en 2009 - et non de la sécurité sociale - cache de plus en plus mal la volonté de Nicolas Sarkozy de développer une assurance individuelle face au risque dépendance au détriment de la solidarité nationale.

Cette conception du 5ième risque montre bien la volonté du pouvoir, de démanteler la sécurité sociale pour promouvoir la responsabilité financière individuelle. Il s’agit là, d’une opposition majeure de valeurs entre le Président et le Parti socialiste.

- Enfin les pistes ouvertes par le pouvoir concernant la politique de santé sont d’une banalité affligeante.

Sachant que le gouvernement s’est pris les pieds dans le tapis à l’automne 2007 avec les modes d’installation des jeunes médecins, et qu’il a refusé dans ce même PLFSS 2008 des mesures plus fermes pour encadrer les dépassements d’honoraires des médecins, les propos de Nicolas Sarkozy sur l’égalité territoriale et sociale d’accès aux soins sonnent faux.

Le Président de la République, en prônant la prise en charge individuelle à travers le 5ième risque et la santé, dont les franchises médicales sont la caricature, choisit une conception de la protection sociale qui tourne le dos à la solidarité.

Le Parti socialiste dénonce sans ambiguïtés les arrière pensées dangereuses de Nicolas Sarkozy.