Près de 2,5 millions de personnes ont manifesté le 29 janvier contre la politique du gouvernement. Un mouvement massif auquel ont participé, dans tous les cortèges en France, les socialistes.

La mobilisation devait être forte. Elle a été exceptionnelle. Si les grèves ont fait moyennement recette, les manifestations ont fait le plein…
5 000 Aubois dans la rue.
Troyes,

Une place Jean-Jaurès noire de monde, de nombreuses banderoles déployées, des drapeaux qui s’agitent un peu partout… Un cortège dont on ne distingue pas le bout. Les prévisionnistes en matière de météo sociale ne s’étaient pas trompés. Depuis quelques jours, ils annonçaient un rassemblement sans précédent, une alerte rouge, véritable tempête sociale sur fond de crise économique et financière.
Hier dans la cité troyenne, près de 5 000 personnes répondant à l’appel unitaire des organisations syndicales, mais aussi à leur volonté spontanée de participer à un formidable élan de solidarité, étaient dans la rue pour crier leur désespoir et leur colère et faire entendre leur voix auprès du gouvernement. Un gouvernement coupable à leurs yeux d’être aveugle et sourd à leurs revendications, à leur détresse ! « L’État parle de relance économique, d’entreprises, d’investissements. C’est bien joli, mais que fait-on du pouvoir d’achat des salariés. Sarkozy est muet sur le sujet », s’insurge Éric, un homme d’une quarantaine d’années…Gael Padiou Libération Champagne
Romilly sur Seine,
On l’avait annoncé, ils l’ont fait ! La manifestation tant attendue prônée par les syndicats unifiés et redoutée par le gouvernement a, hier, démontré combien les salariés et les fonctionnaires ou assimilés, craignaient l’avenir. Certes, sous les banderoles et les drapeaux des syndicats, ils étaient nombreux les travailleurs de toutes les couches sociales qui ont répondu présent. Mais au-delà, c’est aussi beaucoup de personnes, pas nécessairement syndiquées, mais simples sympathisants, qui sont venues exprimer dans ce flux humain leurs craintes du devenir et leur dégoût de payer pour « les apprentis sorciers de la finance et de la bourse ».
Alors oui, on craint pour son emploi, celui de son conjoint ou de son fils, pour son pouvoir d’achat et pour sa retraite. Dans le cortège qui est parti près de la bibliothèque François-Mitterrand pour rejoindre le rond-point du quartier des Marais, des syndicalistes bien sûr, mais aussi des retraités et des sans-grade qui sont venus gonfler cette manifestation d’environ trois cents personnes.
« Le pouvoir aurait tort de minimiser cet élan populaire, assure un syndicaliste, on peut mesurer ici à Romilly-sur-Seine qu’il y a quelque chose qui bouge : une contestation qui prend forme et qui refuse de payer les conséquences d’une crise dont les gens ne sont pas responsables. Ils en ont assez d’être méprisés. » Dans les établissements scolaires et les établissements publics, on estimait autour de 25 % le personnel qui débrayait. « Mais sans incidence notable sur les prises en charge », assurent les différentes directions. EB B Libération Champagne
