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Oct
26

Expression libre

Réforme des retraites : les premières victimes sont les femmes !

Il est inutile de reprendre tous les griefs que nous pourrions relever contre le projet, tel qu’il a été conçu, par le gouvernement. Il est profondément injuste. Mais, il l’est plus particulièrement à l’égard des femmes.

Celles-ci ont, en moyenne, et à compétences et qualifications professionnelles égales, des salaires inférieurs de 30 % à ceux des hommes.

La carrière des femmes est, au point de vue de la retraite, incomplète pour toutes les raisons que chacun connait et sur lesquelles il est inutile de revenir.

Pour 86 % d’entre eux les hommes valident, en matière de retraite, des carrières complètes ; seules 40 % des femmes y parviennent. C’est dire que pour celles qui voudraient partir en retraite à 60 ans, la retraite sera calculée sur 25 % du salaire moyen des 25 meilleures années au lieu de 50 % pour les carrières complètes. Elles devront donc attendre, si elles le peuvent, 65 ans, pour avoir droit à 50 %, la bonification, entre 60 et 65 ans étant de 5 % par année de recul.

Mais leur retraite sera quand même calculée, à 65 ans, sur le nombre réel de trimestres de cotisations validés et non pas sur 150 trimestres.

Ce qu’ignorent beaucoup de gens, c’est que cette décote joue aussi en matière de retraite complémentaire (ARRCO et AGIRC) et pénalise doublement les carrières incomplètes.

Tout le monde peut-il attendre 67 ans, pour voir sa retraite meilleure qu’à 60 ans ? Sûrement pas, beaucoup de femmes ne peuvent attendre financièrement 5 années de plus car elles sont souvent seules à ces âges et que la perception même réduite d’une retraite permet d’assurer l’ordinaire.

Mais là aussi, le système est verrouillé car la retraite « liquidée » à 25 % le reste définitivement. On ne passe pas à 50 % à 65 ans. Le montant est alloué une bonne fois pour toutes, régime général et complémentaire.

Voila en quoi, pour le spécialiste des retraites que je suis, le système et la réforme proposés, jouent essentiellement contre les femmes, surtout celles qui ont déjà peu de revenus.

La contestation de cette réforme me semble tout à fait légitime et je soutiens, sans réserve, ceux qui la soutiennent.

Jean BARELLE

Ancien Directeur Général de la CRAM de Nancy

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