«

»

Juin
15

Débat 2nd tour dans la presse régionale

Le débat organisé par notre journal a permis aux candidats retenus pour le second tour d’opposer leurs arguments, parfois vivement…

L’élection est-elle déjà jouée pour la gauche ? La droite peut-elle encore gagner dimanche ? Le tweet de Valérie Trierweiler peut-il avoir une influence sur le vote ? Que pensent-ils du « ni-ni » de l’UMP vis-à-vis du Front national ? Autant de questions que nous avons posées à François Baroin, Lorette Joly (3e circonscription), Yves Fournier et Alain Balland, suppléant de Jean-Claude Mathis (2e circonscription), Nicolas Dhuicq, René Gaudot et Bruno Subtil (1re circonscription).

Déjà jouée ?

René Gaudot (Parti radical de gauche) : « Non, l’élection n’est pas jouée. Le deuxième tour est une autre élection. Je m’inscris dans la majorité présidentielle qui offre une garantie de justice sociale et d’équité. On le voit avec la décision concernant les salaires des grands patrons. »
Yves Fournier (PS) : « Je n’ai aucun doute sur la victoire de la gauche. J’ai la conviction qu’elle sera majoritaire. Les Français veulent que la machine gouvernementale fonctionne, qu’il n’y ait pas de confusion des genres. Ils veulent donner une majorité à François Hollande. Sur la deuxième circonscription, tout est ouvert. Une dynamique a été enclenchée en ma faveur. »
Alain Balland (UMP) : « Non, pour moi l’élection est ouverte. Les gens ne voudront pas donner tous les pouvoirs à la gauche. En revanche, sur la deuxième circonscription, je ne pense pas qu’il y ait une dynamique de la gauche. Nous aussi, nous avons progressé en nombre de voix. »
François Baroin (UMP) : « Le deuxième tour est une nouvelle élection. Il n’y a pas de vague de gauche au niveau national. C’est beaucoup plus incertain et flou qu’on veut bien le dire. Sur la 3e circonscription, j’ai fait 14 % de plus que Sarkozy au 1er tour de la présidentielle. J’en suis très satisfait. »
Lorette Joly (PS) : « Pour le niveau national, je n’ai pas d’inquiétude sur la victoire de la gauche. S’agissant de la troisième circonscription, je ne me pose pas la question. L’essentiel est de continuer le travail dans un secteur marqué par la pauvreté et la désespérance. Et si M. Baroin l’emporte, j’aimerais qu’il ne soit pas un député dans une opposition systématique. »
Nicolas Dhuicq (UMP) : « Je considère qu’il n’y a pas d’adhésion aux idées développées par la gauche. Mais, au contraire, une vraie volonté de réforme. Concernant la 1re circonscription, je fais un bon résultat dans un contexte difficile. »
Bruno Subtil (FN) : « La droite ne peut pas gagner. L’UMP, c’est tout sauf la droite. Les électeurs ont le choix entre bâbord et tribord avec l’UMPS. Pour moi, René Gaudot a fait le plein des voix. La vraie alternative, c’est entre Dhuicq et le Front national. »

Le tweet…

Bruno Subtil : « C’est totalement dérisoire dans un pays en difficulté. C’était déjà la même chose du temps de Sarkozy. Quand on voit un élu dont le conjoint devient un alter ego, c’est une source de désordre. »
Lorette Joly : « Pour moi, cela fait partie de la vie privée, j’aimerais mieux qu’on parle des vrais problèmes. »
François Baroin : « Ce n’est pas du domaine privé car c’était sur Tweeter. Un point de différence dans les votes représente l’élection de trente députés. Je regretterais que cette affaire ait des conséquences. On se focalise sur ce qui n’est qu’un crêpage de chignons. »
Nicolas Dhuicq : « Cela pose la question de la crédibilité du chef de l’État. Cela affaiblit la voix de la France. Connaissant le fonctionnement de Mme Royal, je ne souhaite pas qu’elle devienne présidente de l’Assemblée nationale. »
Alain Balland : « De prime abord, on peut penser que ça n’aura pas de conséquence politique, mais cela relativise l’image de normalité de François Hollande. »
Yves Fournier : « Dire que ça participe à l’affaiblissement de la France, il ne faut quand même pas exagérer ! En revanche, j’estime qu’une faute a été commise et je le regrette profondément. »
René Gaudot : « Je ne suis pas sûr que ce soit un crêpage de chignons, mais juste un soutien à un candidat local. Je pense que les électeurs sont suffisamment réfléchis pour qu’il n’y ait pas de conséquence à ce qui est pour moi une bêtise. »

Le ni-ni…

Bruno Subtil : « Je ne crois plus à ce que peut déclarer l’UMP. Sa tactique est toujours de circonstance. Nadine Morano a dit avoir beaucoup de valeurs en commun avec le FN. Malgré tout, François Fillon vient la soutenir. »
Nicolas Dhuicq : « La droite n’a aucun complexe à avoir sur les valeurs de la République alors que la gauche s’allie sans vergogne avec des personnes qui refusent la société telle qu’elle fonctionne. »
François Baroin : « Je suis d’accord sur le « ni-ni ». Ceux qui font le choix des extrêmes, le Front de gauche comme le Front national font une erreur. Et l’UMP est le premier adversaire du FN. »
Bruno Subtil : « Marine Le Pen a tendu la main à l’UMP. C’est elle qui s’est fait jeter. Il ne faut pas dire n’importe quoi. »
Yves Fournier : « Le 21 avril 2002, je n’ai pas mis quatre secondes pour demander aux militants du PS de voter Jacques Chirac. Faire un amalgame entre FN et Front de gauche me paraît hasardeux. Le Front de gauche, ce n’est quand même pas l’extrême gauche. »
Alain Balland : « Faire monter le Front national en épouvantail favorise l’élection des candidats socialistes. Pour moi, le « ni-ni  » est une position valable. »
René Gaudot : « Cette équivalence entre le Front républicain et le Front national est coupable. L’UMP navigue sans boussole. On avait un cordon sanitaire, ça devient un cordon ombilical. »
François Baroin : « Il n’y a jamais eu d’alliance avec le Front national et il n’y en aura jamais. Le FN ne veut pas d’alliance, il veut faire éclater l’UMP. »
Lorette Joly : « Il n’y avait pas seulement la fédération du PS qui avait appelé à voter pour Chirac en 2002, mais toutes les forces de progrès. »
René Gaudot : « À l’UMP, vous faites payer aux étrangers les problèmes que connaît notre pays. »
François Baroin : « Le vote des étrangers amènerait une rupture profonde du lien entre la citoyenneté et la nationalité. C’est pourquoi nous refusons le vote des étrangers aux municipales. »

Pourquoi voter plus pour l’un que pour l’autre ?

Lorette Joly : « Parce que je suis une femme. J’ai dû concilier une vie professionnelle et familiale. François Hollande propose des mesures pragmatiques pour redresser l’économie. »
François Baroin : « Les Aubois me connaissent suffisamment. Ils auront la garantie de quelqu’un qui portera haut la voix de la défense de notre département. »
Yves Fournier : « Il faut d’abord donner une majorité à François Hollande. Contrairement à Robert Galley, Jean-Claude Mathis n’est jamais venu me demander mes projets. »
Alain Balland (pour J.-C. Mathis) : « Il a visité chaque commune du rural comme de l’agglomération. Il faut un maximum de députés de l’opposition pour un contre-pouvoir. »
Nicolas Dhuicq : « Il y a des enjeux locaux extrêmement forts comme les quotas betteraviers, les droits de plantation pour le champagne ou encore la filière bois. Je tiens un discours de volonté et de responsabilité. »
Bruno Subtil : « Un vote pour un député FN, c’est modestement, mais avec enthousiasme et efficacité, représenter Marine Le Pen. Je suis seul dans ce cas dans la région. »
René Gaudot : « La question, c’est qu’a fait Nicolas Dhuicq ? Je ne l’ai pas vu durant quatre ans dans ma mairie. C’est pour ça qu’on l’appelle Casper le fantôme. Je suis l’outsider de la majorité présidentielle. »

Jean-François LAVILLE et Jorge D’HULST

Laisser un commentaire

Votre adresse ne sera pas publiée.

Vous pouvez utiliser les balises HTML suivantes : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <s> <strike> <strong>