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Sep
16

Interview d’Olivier Girardin, premier secrétaire fédéral dans la presse locale.

Dans le cadre de la rentrée politique, le premier secrétaire de notre fédération a accordé une interview à la presse locale, en voici la retranscription et à retrouver sur le site en cliquant ici.

Olivier Girardin : «Je ne suis pas favorable au traité européen»

LES INTERVIEWS DE LA RENTREE – Le patron du Parti socialiste dans l’Aube estime que le traité budgétaire européen « ne répond pas aux bonnes questions »

Olivier Girardin, les derniers chiffres du chômage ne sont pas bons. Cette hausse est-elle une fatalité comme le pensent certains experts ?
« Cette sentence des experts pose deux problèmes. Cela voudrait dire que les hommes ne maîtrisent plus leur destin. Et qu’ils ne voient plus l’importance du drame humain derrière le fait de perdre son emploi. Ça ne peut pas être une fatalité. Le fait que les hommes et les femmes travaillent, c’est la santé mentale d’une société. L’alpha et l’omega doivent être le travail, sans pour autant se tuer à la tâche. »

Mais à gauche comme à droite, force est de constater une forme d’impuissance face à ce fléau…
« Ce que j’attends de François Hollande et du gouvernement, au-delà du volontarisme, c’est qu’ils remettent la question du travail et de l’emploi au cœur de toutes les politiques publiques, que ce soit la politique industrielle, les nouveaux gisements d’emplois… Il faut redonner un sens à tout cela, et pas seulement une réponse en terme d’urgence. »

Pensez-vous, comme d’autres élus à gauche, que notre société se trouve au bout d’un système ?
« Oui, nous nous trouvons au bout des errements d’un système. Mais c’est difficile. On voit bien que lorsqu’il est question de partage, ça résiste. Ça a toujours été comme ça. La mondialisation conduit aujourd’hui à un niveau de puissance sans commune mesure. Il nous faut un autre modèle et une autre forme de répartition des richesses. Et là, ça ne doit pas être les salariés contre les patrons, mais un front uni des producteurs face aux financeurs et aux investisseurs. »

Les emplois aidés et les emplois d’avenir sont-ils la solution ?
« Ce n’est pas  »LA » solution, mais ça peut soulager la douleur. Ça permet de traiter un peu les conséquences de la crise, le problème du décrochage du monde du travail. C’est indispensable, c’est une solution face à l’urgence. »

Vous êtes favorable à un grand plan de relance comme le New Deal ?
« Oui, pour un grand plan de relance au plan européen. »

S’en tenir aux 3 % de déficit en 2013, n’est-ce pas le risque de mener la France en phase de récession ?
« Le gouvernement fait tous les efforts nécessaires pour la reprise de l’économie et pour garantir l’accord passé avec l’Allemagne. Mais je pense que la parole donnée pour les 3 % peut constituer un risque pour nous et pour l’Europe entière. 3 % l’an prochain, ce ne sera pas possible. Les éléments de purge qu’on nous impose nous entraînent vers plus de purge encore. Un objectif comptable et dogmatique, ce n’est pas le bon chemin. Pour autant, il faut poursuivre le désendettement de notre pays. »

S’agissant du dossier du prix de l’essence, pourquoi ne pas appliquer la promesse de François Hollande de bloquer les prix ?
« Je pense que le gouvernement travaille actuellement à un dispositif plus intelligent et plus pérenne. La hausse du prix des carburants est liée à la hausse de la demande, mais surtout à la crise en cours au Moyen-Orient. Et cela ne sera pas réglé par une décision nationale. Bien sûr, il faut une mesure d’urgence qui soit corrective dans l’instant. Mais bloquer les prix, si c’est à un niveau élevé, ça se discute. La question de fond, c’est celle de l’offre et de la demande. À cet égard, il n’y a pas de fatalité. »

Une baisse de 6 centimes, cela vous paraît suffisant ?
« Six centimes, c’est déjà ça. Il est certain que pour ceux qui n’ont pas les moyens, ce n’est pas assez. Mais c’est déjà un effort. »

L’un des points majeurs de désaccord entre le PS et le Front de gauche, c’est le traité budgétaire européen. On retrouve là les stigmates de 2005 et du traité constitutionnel européen ?
« S’agissant de ce traité, je voudrais tout d’abord saluer les efforts du chef de l’État dans son travail au plan européen. Toutefois, pour ma part, je ne suis pas favorable à ce traité. Il nous enferme. La question est qui pilote quoi ? »

Retrouvez l’interview complète dans votre journal papier de ce vendredi 14 septembre

Propos recueillis par Jean-François LAVILLE

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