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Sep
17

Impôts, beaucoup, passionnément ?

Entre les annonces sur la préparation du Budget 2014 de l’Etat et la réception des avis d’imposition, le mécontentement envers le gouvernement et les socialistes en général, se développe. Il s’accompagne, cependant, de contre-vérités qu’il convient de rectifier.

Les socialistes champions des hausses d’impôts ?

Une idée très répandue est celle que « Socialistes au pouvoir = hausse d’impôts ». Tous les ténors de l’UMP arpentent les médias pour le crier. Pourtant, ils semblent oublier que la pression fiscale augmente depuis 4 ans, au moment où l’équipe SARKOZY – FILLON était aux manettes du pays. Il n’est pas inutile de rappeler la création de la TVA dite « sociale » que le gouvernement actuel a immédiatement annulée dès sa nomination. Et qui en 2011, a désindexé le barème de l’impôt sur le revenu de l’inflation des prix ? Qui par cette mesure a fait que 400 000 nouveaux foyers environ étaient soumis à l’impôt, alors qu’ils ne l’étaient pas avant ? C’est bien le gouvernement SARKOZY et son ministre des finances François BAROIN ! Cette mesure qui est une hausse d’impôt dissimulée sera supprimée en 2014.

Poursuivons le bilan de l’équipe sortante, puisqu’ils ne veulent pas le faire, et il est aisé de comprendre pourquoi. Oui, SARKOZY, à son arrivé, a baissé les impôts grâce aux mesures telles que la loi TEPA et l’instauration d’un bouclier fiscal (ce dernier point ne concernait que les foyers les plus aisés). Mais dans le même temps, il laissait filer la dette de l’Etat, près de 600 milliards en 5 ans (chiffres de la cour des comptes).

Ainsi le constat est que non les Socialistes ne sont pas les seuls à augmenter les impôts et que l’UMP laisse une énorme dette, qu’il faudra bien combler.

Pour conclure sur ce point, comparons les chiffres de l’INSEE sur les prélèvements obligatoires. En 2010, ces derniers représentaient 42,5% du PIB (Produit Intérieur Brut) pour atteindre 43,7% en 2011 (soit 1,2 point d’augmentation). La cour des comptes a calculé que la part des prélèvements obligatoires s’élevaient à 44,5% (+0,8 point) en juin 2012 (fin des réformes FILLON) et atteindre 45% fin 2012 (avec les réformes de HOLLANDE). En 2013, ils devraient atteindre 46,3% (soit 1,3 point de hausse en un an). Il est facile de noter que les hausses sont du même ordre pour les uns et les autres. Petite remarque supplémentaire, Les Echos estiment qu’en 2017 le gouvernement actuel envisage d’abaisser la part des prélèvements à 45,9% du PIB, selon un calcul du magazine, elle serait de 46,9% en se basant sur les promesses faites par SARKOZY.

 

« Toujours les mêmes qui payent ».

Un autre point récurrent est le fait que ce seraient toujours les mêmes qui fourniraient tous les efforts. En général, c’est ici que sont évoquées les fameuses classes moyennes et le fait que les politiques ne font aucun effort.

Tout d’abord, dès son arrivée au pouvoir et contrairement à son prédécesseur, François HOLLANDE a fait baisser de 30% ses revenus ainsi que celui des ministres, dans un esprit d’efforts partagés face à la crise. De même, il est annoncé que pour le budget 2014, 80% des efforts se feront par la réduction des dépenses de l’Etat.

Ensuite, en 2012, dans les lois de finance modificatives menées par le gouvernement AYRAULT, les efforts ont été soumis aux foyers les plus aisés, et non uniquement les classes moyennes. Pour preuve la relève des droits de succession, la hausse du barème de l’ISF (allégé en son temps par SARKOZY), la fiscalité du patrimoine qui n’est plus forfaitaire, la nouvelle tranche d’impôt sur la fortune taxée à 45%, le plafonnement des niches fiscales à 10 000€…

Les efforts sont, donc, partagés et ce dans un esprit de Justice. En effet, chacun à hauteur de ses moyens, y participe. N’oublions pas que SARKOZY et son gouvernement, dès son arrivé, a privilégié les plus riches en instaurant le bouclier fiscal. Est-ce normal d’épargner les plus aisés en temps de crise ?

 

A quoi servent nos impôts ?

Les citoyens se posent régulièrement la question de savoir à quoi servent leurs impôts, pensant que les supprimer ne changerait rien. En plus de combler la dette de l’Etat, ils permettent de faire fonctionner les services publics. Policiers, Pompiers, Infirmiers, Médecins, Juges… sont payés grâce aux impôts collectés par l’Etat. De même, au niveau des collectivités locales, ils financent les postes dans les lycées, les collèges et les écoles, mais aussi les allocations d’aide aux personnes âgées, les aides aux entreprises, les transports régionaux, l’entretien des routes…

Donc, quand les ténors de l’UMP ou les dirigeants du FN, comme Marine LE PEN récemment sur TF1, affirment qu’ils baisseront les impôts, ils oublient de préciser ce qu’ils supprimeront. Pour le FN nous ne savons pas et nous ne souhaitons jamais le voir, mais pour la droite, nous avons eu une petite idée lors des dix dernières années où elle a été au pouvoir. Redéploiement de la Police Nationale et réduction des effectifs ; suppression de postes dans l’Education ; non remplacement d’un fonctionnaire sur deux à l’hôpital…

Là est tout le problème, faut-il continuer à posséder un service public ? Ou faut-il tout privatiser ? Ou une partie seulement ? L’école ? La santé ? La police ? Le transport ferroviaire ? Supprimer des services publics aura pour conséquence un accroissement des inégalités. Seule une partie de la population pourra s’offrir ces services, tandis que les autres renonceront à tout, comme ce fut le cas dans le domaine de la Santé après la réforme BACHELOT.

Les impôts servent donc, et participent à la solidarité entre tous les citoyens. Ce principe qui a fondé notre République est nécessaire d’être rappelé au moment où est abordée la définition des valeurs de la France.

La Fraternité est une des devises de la République Française et ne doit pas être oubliée, lorsque des décisions sont prises.

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