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Nov
13

Réforme des rythmes scolaires : attention à ne pas se tromper d’adversaire.

Un certain nombre d’organisations réunies en intersyndicale ont lancé un appel à la grève pour le 14 novembre prochain et réclame « la suspension immédiate de la mise en œuvre de la réforme et l’abrogation du décret sur les rythmes scolaires ».

Jusqu’ici la contestation de la réforme des rythmes scolaires par la droite, et notamment par des maires de droite, est davantage motivée par des considérations bassement politiciennes, voire idéologiques, que par de réels arguments factuels.

Il est déjà pour le moins curieux de leur part de s’opposer à une réforme qui met en application les préconisations formulées dans des études réalisées à leur propre initiative, lorsqu’ils étaient aux responsabilités. Rappelons ainsi que le rapport du comité de pilotage sur la réforme des rythmes scolaires, initié par le précédent Ministre de l’Éducation Nationale, Luc Chatel, proposait la même organisation du temps scolaire que celle prévue dans la réforme Peillon.

Mais au-delà de ce paradoxe, il est à craindre qu’à passer ainsi leur temps à critiquer systématiquement cette réforme pourtant nécessaire, les responsables politiques concernés négligent surtout de s’investir dans une démarche constructive d’élaboration d’un projet éducatif ambitieux pour leur commune, dans le cadre d’une concertation globale de tous les acteurs du secteur éducatif qu’il est indispensable de mener consciencieusement.

Le célèbre adage selon lequel la critique est facile mais l’art est difficile vaut donc toujours aujourd’hui où il est aisé de ne pas se donner les moyens de réussir la mise en œuvre d’une organisation des rythmes scolaires satisfaisante pour tous, pour mieux rejeter ensuite la responsabilité sur le gouvernement en « surfant » sur le mécontentement généré bien souvent par ses propres manquements.

En revanche, la contestation de cette réforme par certains acteurs professionnels qui en sont directement impactés n’est pas de même nature et appelle des réponses concrètes.

Mais la lecture des revendications avancées fait apparaître que bon nombre d’entre elles concernent, non le principe du réaménagement des rythmes scolaires sur une semaine de 4, 5 jours, et moins le projet gouvernemental, que ses modalités d’application concrète dans les communes et donc PAR les communes. Nous y revoilà !

A l’occasion de cette journée de mobilisation, la Fédération Auboise du Parti Socialiste invite les organisations syndicales concernées à une rencontre afin de débattre sereinement des problématiques liées à la réforme des rythmes scolaires.

En rappelant que cette réforme n’est qu’un aspect de la loi d’orientation et de programmation pour la Refondation de l’école, qui a permis notamment de mettre fin à la saignée opérée par la droite dans les effectifs, de recruter déjà plusieurs milliers d’enseignants supplémentaires en 2012 et 2013 et de rétablir leur formation par la création des Écoles supérieures du Professorat et de l’Éducation, elle les invite par ailleurs à ne pas se tromper d’adversaire.

Si le décret incriminé laisse effectivement une grande marge de manœuvre aux communes pour organiser la mise en œuvre de cette réforme c’est pour :

  1. Éviter de plaquer une même organisation, élaborée à Paris, sur l’ensemble du territoire, sans prendre en compte les spécificités locales. Que n’aurait-on alors entendu sur l’esprit centralisateur et autoritaire des socialistes si les choses avaient été présentées ainsi !
  2. Coller au mieux à la réalité du terrain, dont le respect est garanti par l’action des élus locaux dans lesquels l’État accorde toute sa confiance, la gestion du temps périscolaire étant de tout temps une responsabilité communale.

Alors, si problèmes il y a, avant d’incriminer le Ministre, il convient de déterminer d’abord avec circonspection, à qui appartient la responsabilité des griefs reprochés.

La réforme en 6 points

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