Monsieur le Président, mes cher(e)s collègues,

 « Tout arrive à point qui sait attendre », dit  un vieil adage. Pour autant, on ne peut pas, dans la réalité d’aujourd’hui s’en contenter.

Le dossier présenté ce jour en plénière, relatif à l’électrification de la ligne 4 démontre qu’avec une forte volonté politique, du temps aurait pu être gagné.

Inscrite dans le précédent CPER 2000-2006 pour maintenir l’équilibre territorial entre le nord et le sud de la Région et devant être, initialement, menée concomitamment avec l’arrivée du TGV, la modernisation de cet axe ferroviaire structurant s’est ensuite retrouvée qualifiée de prioritaire dans le contrat de projet 2007-2013 sans que pour autant, jusqu’à présent, il n’y ait une avancée aussi significative que celle qui nous est présenté aujourd’hui.

Nous ne restions que sur des promesses, rien que des promesses, sans cesse reportées.

Il aura fallu, face à cette situation inacceptable engendrée, tant par le désengagement de l’Etat que de celui de RFF, toute la détermination des élu(e)s régionaux pour faire aboutir ENFIN ce dossier très sensible, significatif de la volonté régionale de mettre en place une véritable action de solidarité territoriale.

Inscrit dans la LOTI, le droit au transport est un droit fondamental au même titre que le droit à la santé ou le droit à l’éducation, et pour de nombreux salariés et étudiants, la modernisation de cette ligne ferroviaire apportera, c’est incontestable, une réponse concrète en termes de fiabilité, de confort, de sécurité et donc, la possibilité, pour eux, de pouvoir exercer la mobilité subie  dans leur vie professionnelle ou leur vie étudiante.

A la limite, qu’importe que ce projet arrive enfin à sa conclusion sous une mandature de gauche. C’est ainsi et c’est tant mieux, surtout pour tous les champardennais, en particulier ceux du département de l’AUBE qui l’attendaient depuis si longtemps !

 

L’essentiel n’est-il pas, au final, d’avoir servi l’intérêt général, n’est il pas d’apporter une véritable réponse aux attentes des citoyens, une solution pertinente et crédible par rapport à l’emploi et la mobilité, tant des salariés que des étudiants ?

Rendre effectif le droit au transport, c’est cela qui est essentiel.

Car depuis 2004, c’est bien cette logique, cette constante de mettre la solidarité au cœur de notre action régionale qui a guidé les élu(e)s de la majorité afin de respecter les engagements qu’ils avaient pris auprès des champardennais.

Fédérer pour réussir en plaçant la solidarité au cœur de l’action régionale, c’est votre slogan Monsieur le président et il prend ici tout son sens, dans la conclusion que l’on espère maintenant rapide de ce dossier.

Mais aujourd’hui, cela ne suffit toujours pas à contenter l’ensemble des champardennais et des visiteurs traversant notre territoire; il faut aller plus loin dans la densité et dans le maillage ferroviaire de notre région.

Aujourd’hui l’électrification, demain, le désenclavement du sud de la Région. L’étude de faisabilité en cours va ENFIN poser la problématique du développement de VATRY, de la réactivitation de la ligne ferroviaire, Troyes-Vatry-Châlons- Reims.

Là aussi, nous ne restons pas sur des promesses.

Désormais, à partir de cette étude, des éléments tangibles permettront concrètement de mener une réflexion pour organiser et construire le désenclavement du sud de la Région.

Parce qu’il n’y a pas de développement économique sans aménagement du territoire et qu’il n’y a pas, bien évidemment, d’aménagement du territoire sans infrastructures et sans transports. Le tout est bien une question transversale qui peut et doit répondre aux espérances de la population, mais également des entrepreneurs et acteurs économiques.

De plus, si nous voulons retenir notre jeunesse dans notre région, si nous voulons maintenir nos forces vives sur notre territoire, si nous voulons rendre notre territoire attractif aux entreprises, encore faut il se mettre en capacité de le faire. La prospective qui va être menée pour redynamiser cet axe ferroviaire structurant, abandonné depuis les années 70, est essentiel pour ne pas dire primordial  pour l’avenir de notre région.

Par ailleurs, à la veille du sommet mondial de Copenhague, se mobiliser pour développer le transport ferroviaire, tant de fret que de voyageurs, s’inscrit bien dans une démarche responsable de respect de l’environnement et d’application effective du Grenelle de l’environnement.

Monsieur le Président, mes chers collègues, comme vous pouvez le constater, nous n’avons pas failli à nos engagements, loin de là,  mais la route, si vous me permettez l’expression, est encore longue.

Dans tous les domaines de ses propres compétences et même au-delà, la Région a tenu ses engagements.

Il suffit d’ailleurs aujourd’hui à chacun d’entre nous, à chacun des champardennais de dresser une liste de tout ce que la Région a apporté depuis 2004 pour améliorer sa vie au quotidien pour constater, pour confirmer de façon très objective et très concrète que oui, la majorité régionale a mis tout en œuvre pour les aider, dans un contexte économique et social difficile, particulièrement aggravé par une crise systémique dont ils ne sont d’ailleurs aucunement responsables.

Alors que des pans entiers de la solidarité sont mis à mal par le gouvernement qui mène notamment, une politique particulièrement dogmatique d’économies budgétaires, la menace qui pèse sur le maintien des services publics remet en cause l’accès aux droits fondamentaux des citoyens.

La Région quant à elle, s’inscrit dans une démarche volontariste de poursuivre sa mission d’aménagement de son territoire et de développement économique, portée par des valeurs humanistes, de solidarité et de respect des valeurs républicaines  par rapport à la démocratie de proximité.

Je vous remercie de votre attention.